dimanche 24 mai 2015

La pedophilie


Le Royaume-Uni face à l’horreur

 pédophile


La police suspecte 1 433 personnes, dont plusieurs personnalités, d’abus sexuels sur mineurs .




Ce ne sont plus des rumeurs ou des soupçons.
Ce ne sont plus quelques voix disséminées.
Ce sont désormais des centaines de milliers de cris qui se déversent dans un flot qui ne tarit plus. 
 
La police britannique a révélé mercredi le résultat intermédiaire d’une enquête sur des abus sexuels commis sur des mineurs, datant parfois de vingt ou trente ans, par des célébrités ou des figures influentes, dont des hommes politiques.
 
Et ces révélations sont effrayantes. «Nous parlons de centaines de milliers de victimes», a indiqué le commissaire Simon Bailey, qui dirige l’opération Hydrant, chargée de coordonner au niveau national les différentes enquêtes locales dans le pays.


A ce jour, 1 433 suspects ont été officiellement identifiés
 
Sur ce nombre, au moins 261 sont des personnes «publiques», dont 135 issues des milieux de la télévision, du cinéma ou de la radio et au moins 76 de la politique. Westminster, la BBC, écoles, foyers, hôpitaux, prisons, centres sportifs ou socio-culturels, casernes militaires : aucun groupe, aucune association, aucune institution de la société britannique ne semble échapper à cette immense enquête, à ce gigantesque coup de balai, à cette douloureuse prise de conscience.



Le déclic a été l’affaire Jimmy Savile. Cette ancienne star de la BBC s’est révélé être un prédateur sexuel pédophile d’une ampleur sans précédent. Pendant plus de trente ans, ce présentateur excentrique a abusé des milliers d’enfants, utilisant sa notoriété et son statut de philanthrope pour satisfaire ses instincts mais aussi pour empêcher toute enquête sur sa personne. Il est mort, dans son lit et jamais inquiété, en octobre 2011.

«Nous assistons à une augmentation absolument sans précédent du nombre de cas d’abus signalés.» Depuis 2012, la police a constaté une croissance de 71% des abus signalés. 
 
En 2014, le nombre de plaintes a atteint le nombre de 116 000.
Tous ces abus ne datent pas du passé, seule la moitié remonte parfois à plusieurs décennies. Au moins 216 des suspects sont d’ailleurs décédés.
La parole s’est libérée et le vertige atteint les enquêteurs chargés de démêler les fils des multiples enquêtes. 
 
La tâche, monumentale, implique l’inscription sur une seule base de données des 1433 suspects pour permettre de les «croiser» avec les données recueillies par chaque force locale afin d’éviter les doubles enquêtes. Mais se pose aussi le problème de pouvoir prouver des faits anciens et juger les suspects.

Sénile. Mi-avril, la décision du Crown Prosecution Service, le parquet britannique, de ne pas poursuivre lord Janner, 86 ans, pour des abus commis dans des orphelinats dans les années 70 et 80, a scandalisé. Membre travailliste de la Chambre des lords, la chambre haute du parlement, lord Janner est atteint de démence sénile et les juges ont estimé qu’il était donc impossible de procéder à un procès équitable.
Pour Tom Watson, député travailliste qui fût l’un des premiers à évoquer l’existence passée d’un réseau de pédophiles au cœur du Parlement, cet afflux de révélations n’est qu’un début

 «Nous commençons seulement à comprendre comment notre pays, sur plusieurs générations, a réussi à refuser de voir le scandale des abus sexuels sur les enfants. Les survivants méritent justice et les futures générations nécessitent une plus grande protection.»
De notre correspondante à Londres Sonia Delesalle-Stolper .

Comment la France a-t-elle échappé à cette monstruosité ?



mercredi 20 mai 2015

Espionés de notre plein grès,




L’État a les moyens de connaître 

 
très facilement tous nos faits et 


gestes


et nos opinions politiques.



L'Etat peut avoir connaissance 
 

1/De tous vos retraits en liquide de plus de 500€ donc de vos paiements au « noir ».

2/Par le biais des dépôts bancaires des commerçants, par vos modes de paiement (tous les travailleurs au « NOIR » s'approvisionnent dans les grandes surfaces de bricolage)...et paient en liquide !

3/ De vos opinions politiques et de votre générosité, via vos dons et cotisations(75 % avoir fiscal).

4/ de tous vos déplacements (CB).

5 / Pour un ex-délinquant ou un témoin de votre identité sous 48H par votre ADN.

6/ Tout ce que vous visonnez sur la toile, via la NSA ou CIA dans le cadre d'échange de données (tous les grands réseaux sociaux sont américains) sont disponibles en France .

7/ Des mouvements des comptes en banque de tous les chômeurs et des précaires(RSA).

Il va devenir très difficile d'être malhonnête dorénavant !

dimanche 17 mai 2015

La réforme du « Savoir » à transmettre à nos enfants est impossible.






Adoptée par le Conseil supérieur de

 l’éducation le 10 avril 2015, la

 réforme du collège portée par la
 
Ministre de l’éducation, doit être

 mise en œuvre pour la rentrée 2016


Le texte a soulevé de nombreuses critiques
 injustifiées,, alimentées par des enseignants,
 des syndicats et des politiques soucieux de
 conserver un élitisme descriminatoire et plus
 confortable.
Des critiques qui ont largement dépassé cette 
seule réforme, pour viser plus généralement la 
méthode d’enseignement de l’histoire, par
 exemple, et les nouveaux programmes prévus
 dans cette discipline.


Or il ne s’agit pas là de la même chose :
Les enseignements sont régulièrement aménagés par le Conseil National des Programmes, une instance qui agit sans rapport direct avec la réforme, touchant plutôt à l’aménagement du temps et à l’organisation des enseignements.
A force de critiques, il devient difficile de distinguer ce qui figure exactement dans cette réforme.
Retour sur les points qui posent le plus question :

1. La réforme du collège

Pourquoi une nouvelle réforme du collège ?
Par cette réforme, la ministre veut s’attaquer au « maillon faible » du système scolaire. « Inégalitaire », « suscitant l’ennui », « le collège aggrave la difficulté scolaire, particulièrement dans les disciplines fondamentales »(15 % d'une classe d'age en souffre).
Attention, cette réforme n'est pas à confondre avec la refonte des programmes, qui doit entrer en vigueur au même moment, en septembre 2016.
Quand la réforme s'attaque à la forme, la refonte concerne les contenus, enseignés de la CP à la 3e.
Engagée en 2013 par l'ex-ministre de l'éducation Vincent Peillon, elle a été pensée par une instance indépendante composée d'experts et de parlementaires, le conseil supérieur des programmes (CSP).
Ces nouveaux programmes seront amendés après consultation des enseignants, le 12 juin.
En quoi consistent les enseignements transversaux ?
Les « enseignements complémentaires » sont au cœur de la nouvelle organisation du collège. Ces modules s’ajoutent au tronc commun, qui rassemble les disciplines déjà existantes.
Ils prendront la forme soit « de temps d’accompagnement personnalisé » soit « d’enseignement interdisciplinaire », pour ces derniers, les élèves travailleront en petits groupes sur des thématiques transversales. Huit thèmes au choix ont été définis : « développement durable », « information, communication et citoyenneté », « langues et cultures de l’antiquité », « langues et cultures étrangères ou régionales », « monde économique et professionnel », « corps, santé, sécurité », « culture et création artistiques », « sciences et société ».
Les élèves en suivront au moins deux par an.
Chaque établissement dispose d’une marge de manœuvre de 20 % de son temps d’enseignement pour se consacrer à ces modules.
Le latin et le grec sont-ils supprimés ?

Pas vraiment

Actuellement, l’enseignement du latin et du grec passe par une option facultative que les élèves peuvent choisir à la fin de la sixième. Elle ne concerne que « 18 % des élèves, dont les trois quarts abandonnent à l’issue du collège », selon Najat Vallaud-Belkacem.
Pour garantir le « latin pour tous », la ministre les remplace par deux mesures :
1/ Un saupoudrage des cours de français avec « les éléments fondamentaux des apports du latin et du grec à la langue française ». Une « initiation à l’étude des langues anciennes », a précisé Mme Vallaud-Belkacem devant l’Assemblée.
2/ L’intégration du grec et du latin à « Langues et cultures de l’antiquité », l’un des huit enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) créés par la réforme de la ministre. Entre la 5e et la 3e, les collégiens auront la possibilité de suivre six de ces modules censés croiser plusieurs disciplines autour d’une « démarche de projet conduisant à une réalisation concrète, individuelle ou collective », à raison de trois heures hebdomadaires au maximum (le volume horaire exact sera défini par le recteur).
A la suite des vives critiques des enseignants, un troisième volet a été ajouté à la dernière minute : la création d’un « enseignement de complément » en langues anciennes doté d’une heure en 5e et de deux heures en 4e et 3e, dépendant du volontarisme des établissements.
Le latin et le grec ne seront donc pas « supprimés », mais le nombre d’heures qui leur est consacré sera réduit.
L’allemand sera-t-il encore enseigné ?

Oui

L’allemand ne sera pas supprimé. La réforme va, en réalité, mettre fin aux classes bilangues, qui permettent aujourd’hui à 16 % des élèves de 6e et de 5e d’apprendre deux langues vivantes, dès le début du collège. A la rentrée 2016, tous les élèves apprendront une 2e langue à partir de la 5e, au lieu de la 4e aujourd’hui.
Les détracteurs élitistes de la réforme estiment que la suppression des classes bilangues risque d'entrener la chute de l'apprentisage de l'allemand déjà bien mal en point.
Un quart des élèves apprenaient cette langue dans les années 1990, contre seulement 15 % environ aujourd’hui, assurent les collectifs de défense de son apprentissage.
Selon eux, les classes bilangues ont stoppé cette désaffection, et leur suppression risque de faire chuter à nouveau le nombre d’élèves apprenant l’allemand.
Cette crainte a également été exprimée par l’ambassadrice d’Allemagne en France.
Pourquoi le gouvernement veut-il supprimer les classes bilangues et européennes ?
Ces classes où les élèves apprennent deux langues étrangères sont accusées par la ministre d’être réservées aux élèves les plus privilégiés et de favoriser l’élitisme, ces classes étant plutôt reservées aux élèves issus de milieux les plus favorisés.
L’idée est donc de les supprimer dès la 5e au profit d’une deuxième langue et des fameux enseignements transversaux des EPI.
Mme Vallaud-Belkacem estime que la réforme crée ainsi « des classes bilangues pour tous dès la 5e ».
Le débat est ancien entretenant une éducation égalitariste, pour qui on doit offrir les mêmes enseignements à tous les élèves, et partisans d’un certain élitisme, qui estiment bénéfique de conserver des cursus réservés aux plus riches en classe restreinte donc dotées d'un meilleur confort d'enseignement.

2. La réforme des programmes

D’autres critiques reviennent de façon récurrente, alors qu’elles ne sont pas directement liées à la réforme, mais aux nouveaux programmes, notamment d’histoire. Là aussi, les questions et polémiques sont nombreuses. Revenons sur les plus citées :
Enseignera-t-on obligatoirement l’histoire de l’islam ?

Oui, mais ce n’est pas nouveau

Les milieux d’extrême droite ont agité ce drapeau rouge, dénonçant le fait qu’en 5e, les élèves devront obligatoirement suivre un module sur l’histoire de la civilisation islamique, tandis que l’histoire de la chrétienté médiévale ne sera qu’une option au choix des enseignants.
La nouveauté des programmes (qui n’est pas liée, donc, à la réforme des collèges), c’est, pour la première fois, l’introduction d’enseignements facultatifs : les professeurs peuvent choisir un thème parmi plusieurs proposés. C’est le cas en 5e, où le christianisme médiéval devient une option parmi d’autres.
La civilisation islamique est au programme de 5e depuis bien longtemps, et de manière obligatoire. Les nouveaux programmes n’ont donc pas introduit cet enseignement, qui a plusieurs décennies. En outre, les débuts du christianisme seront désormais étudiés en classe de 6e, et le rôle de l’Eglise est évoqué dans une grande partie des cours consacrés à l’histoire de la France.
L’enseignement des Lumières sera-t-il facultatif ?

Oui

La disparition de l’enseignement des Lumières est également souvent citée.
Il est exact que ce thème devient facultatif, l’enseignement obligatoire de ce module en 4e étant « Un monde dominé par l’Europe : empires coloniaux, échanges commerciaux et traites négrières ».
A l’heure actuelle, la période des Lumières est obligatoirement étudiée dans la première partie du programme d’histoire de 4e. Avec les nouveaux programmes, elle ne le sera plus que de manière facultative. Mais, comme pour le christianisme, les élèves étudieront toujours la renaissance et l’époque moderne (XVIe-XVIIIe), et les Lumières y seront évoquées en filigrane.
D'apres un texte de S LAURENT et L MARCHAND du monde

mardi 12 mai 2015

Hollande et la politique en sont-il pour autant responsable ?



1 million de chômeurs en plus !

 

Hollande a hérité de la crise du Capitalo-Libéralisme Débridé depuis 2008 qui pour se sauver d'une banqueroute mondialisée nous déverse 1000 chômeurs par jour.

 

L'obsession du patronat pour sa compétitivité et la réduction des droits des salariés, des charges, des taxes et des dépenses le rend responsable de cet échec complet sur le front de l’emploi.
C'est vrai qu'une entreprise qui n'a plus de marge, n'est plus viable, mais une dévaluation salariale et sociale est-elle pour autant une solution viable pour les entreprises privées de clients solvables... pour survivre ?

Falashas




Les Éthiopiens d'Israël menacent d'une «Intifada noire»


Des heurts ont éclaté vendredi soir, dans le centre de Jérusalem, entre plusieurs centaines de Juifs d'origine éthiopienne et la police israélienne.
Les manifestants étaient venus protester contre le récent passage à tabac d'un soldat issu de leur communauté, et dénoncer les discriminations dont ils s'estiment victimes.
La foule en colère, qui tentait d'approcher la résidence du premier ministre, a jeté des pierres et des bouteilles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes.
La manifestation, qui avait débuté dans l'après-midi, a paralysé le centre-ville jusque tard dans la soirée.

Cette confrontation sans précédent intervient après la diffusion d'une vidéo filmée dimanche par une caméra de vidéosurveillance dans une rue de Holon, une localité située au sud de Tel Aviv.
A l'image, un jeune soldat d'origine éthiopienne, Damas Pakedeh, est pris à partie par un policier qui lui demande de s'éloigner avant de le rouer de coups, visiblement exaspéré par sa réticence à obtempérer.
Malgré la suspension immédiate du fonctionnaire, la séquence s'est propagée à toute vitesse sur les réseaux sociaux et a cristallisé les frustrations de cette communauté. «Des incidents de cette nature relèvent de la routine pour certains citoyens, qui ont le sentiment d'être devenus le punching-ball de la police», déplore le journaliste Dani Adino Abeba, dans le quotidien Yediot Ahronoth.

«Israël fait des efforts pour leur intégration»,

«Tout le monde dit que les Arabes et les travailleurs étrangers sont des citoyens de seconde zone, mais nous nous sentons plus mal traités encore que ces populations», affirme l'activiste Iftachel Rata, dans le quotidien Maariv. «Voici le prix à payer pour plusieurs années d'indifférence et de racisme», a pour sa part expliqué Gadi Yevarkan, directeur d'un Centre pour l'égalité sociale des Juifs éthiopiens, en marge des affrontements.
«Nos jeunes sont désespérés, estime-t-il. Si le gouvernement n'agit pas, ce n'est que le début…»
Visiblement attentif à cette poussée de colère, Benyamin Nétanyahou a condamné jeudi soir le passage à tabac intervenu à Holon.
«Les responsables de ces actes seront châtiés», a indiqué le premier ministre, avant de préciser: «Les immigré éthiopiens et leurs familles nous sont précieux, l'Etat d'Israël fait des efforts pour faciliter leur intégration au sein de notre société et le prochain gouvernement continuera à faire de même.»
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, s'est pour sa part rendu à la rencontre des protestataires pour tenter de ramener le calme.

125.000 juifs éthiopiens

La communauté juive éthiopienne en Israël, qui compte environ 125.000 membres, est arrivée en plusieurs vagues tout au long du vingtième siècle.
Mais c'est dans les années 80 et 90 que leur afflux fut le plus important.
L'opération Salomon, en 1991, permit notamment de convoyer depuis Addis-Abeba plus de 14.000 Juifs voulant fuir l'instabilité et la misère.
Trente-quatre rotations aériennes furent à l'époque organisées en l'espace de deux jours.
L'absorption de cette population, peu éduquées et en butte à de nombreux préjugés, ne va cependant pas de soi.
Vivant principalement dans de petites localités du centre d'Israël, de nombreux Juifs éthiopiens s'estiment victimes de racisme ainsi que de discriminations dans l'accès à l'emploi et à la fonction publique.
L'Etat, ces dernières années, a pris diverses mesures pour tenter de corriger ces inégalités, mais celles-ci se sont manifestement révélées insuffisantes.
Le journaliste Dani Adino Abeba prévient d'ailleurs: «si la hiérarchie policière ne se donne pas les moyens de mettre un terme aux violences subies par les descendants d'immigrants éthiopiens, nous assisterons à une intifada noire émaillée de graves violences».

MERCI Laurent JOFFRIN




8 MAI 1945


Le jour ou des Politiques et des Généraux ont allumé la mèche de l'insurrection des indigènes et d'une guerre perdue d'avance, surtout avec 140000 jeunes indigènes aguerris qui revenaient victorieux de combats sur les armées nazies, depuis 4 ans ...Merci Laurent Joffrin !


En Algérie

«la chasse est ouverte»


le pays fête la reddition allemande, un manifestant nationaliste est tué par un policier.

C’est le début d’une vague de répressions sanglantes à Sétif, puis Guelma et Kherrata.

Un prologue à la guerre d’Algérie.



Le regard fier, les mains tremblantes, Saal Bouzid ne veut pas lâcher son drapeau.
Le commissaire Olivieri braque son pistolet et lui crie de le ranger.
Il refuse, se débat, échappe aux policiers qui veulent lui arracher l’oriflamme. Un coup de feu.
Le jeune homme est touché à l’épaule, il tombe sur le pavé. Autour de lui, les manifestants s’écartent, apeurés.
On crie, on court, on se cache sous les tables du Café de France.
Saal se relève et ramasse le drapeau qu’il brandit bien haut. Olivari tire encore.
Saal s’effondre.


Le drapeau est par terre,dans la poussière.
tout près,Saal est mort,une balle dans la tête.


Ceux qu’on appelle encore «les indigènes» ont vu la chute de l’armée française en 1940, l’instauration du régime vichyste accueilli avec faveur par les pieds-noirs, puis l’arrivée des Américains, les nouveaux maîtres et les dissensions entre gaullistes et giraudistes.
Tout cela a miné le prestige de la puissance coloniale et encouragé les indépendantistes.
Plusieurs fois, les Alliés dans leurs déclarations ont promis la liberté aux peuples asservis.
Ferhat Abbas le modéré veut l’intégration et des droits égaux. Messali Hadj, que les Français ont déporté à Brazzaville le 27 avril, veut l’indépendance.
La manifestation du 8 mai est une occasion pour ses militants.
Au cœur des réjouissances, ils feront valoir leurs revendications, pacifiquement mais fermement.
Pourtant la manifestation avait commencé sans heurts.
Ce 8 mai, les habitants de Sétif, la grande ville de la «petite Kabylie», au nord-est de l’Algérie, fêtent la reddition allemande.
Pour les soldats partis combattre en Italie puis en Allemagne, colons et indigènes de l’armée de Lattre réunis dans la même campagne, la guerre est finie.
La nouvelle vaut bien une cérémonie.
Les autorités ont autorisé la manifestation.
Les scouts marchent en tête, ils tiennent les drapeaux des vainqueurs, l’Union Jack, la bannière étoilée, le drapeau rouge de l’URSS et le drapeau tricolore des Français.
Le chef du mouvement algérien Ferhat Abbas, «le pharmacien de Sétif», a promis une marche pacifique avant de partir pour Alger porter un message au gouverneur français Chataigneau.
Mais son mouvement est noyauté par les nationalistes de Messali Hadj, le prophète à la longue barbe et à la chéchia traditionnelle, un orateur charismatique, ancien communiste devenu nationaliste.



La police a des instructions.
Pas question de laisser les «séparatistes», cette minorité d’extrémistes, déployer leurs banderoles.
Devant le Café de France, déserté par les colons qui se doutaient de quelque chose, elle intervient.
C’est là que Saal brandit son drapeau, rouge, vert et blanc, frappé d’un croissant et d’une étoile, celui dont on fera ensuite le drapeau algérien en supprimant la bande rouge.
La mort du jeune manifestant déclenche les violences.
On fait le coup de poing, les couteaux sortent des poches, la police tire dans le tas.
On relèvera plus tard une vingtaine de morts chez les manifestants.
C’est jour de marché à Sétif, les montagnards sont descendus en ville.
Eux sont armés.
Dans la colère et la panique, ils se dispersent dans les rues de la ville et commencent à écharper les Européens.
Vengeance nue ou bien révolte haineuse contre l’ordre colonial ?



Les premières atrocités sont commises.
On poignarde, on égorge, le maire communiste Albert Denier tente de s’interposer, on lui tranche les deux mains à coups de hache, la police réplique en tuant, elle aussi, au hasard.



Dans les jours qui suivent, la terreur se répand à travers les campagnes.
Dans les fermes isolées, au cri du jihad, les femmes sont violées, les hommes assassinés, les cadavres mutilés.
Les Européens se barricadent, arment des milices qui tuent à leur tour, rallient les colons dans les grandes propriétés qu’ils entourent de barbelés et de herses, tirant à vue sur ceux qui se présentent.
Au total, il y aura une centaine de morts chez les Européens et autant de blessés. Dans toute la région, l’effroi gagne la population européenne qui crie vengeance.

La police distribue des armes

A Alger, à Paris, les autorités françaises décident de réagir.
Elles auraient pu rechercher les coupables, contenir la répression, limiter les représailles au strict nécessaire.
C’est le contraire qui advient.
Soutenu par une population européenne qui a conspué les timides réformes libérales du Front populaire, qui a appliqué l’ordre vichyste, qui est terrifiée par la révolte potentielle des millions d’Algériens maintenus sous la férule coloniale, le nouveau pouvoir, quoique gaulliste et résistant, veut restaurer l’empire et montrer que la France redevient la grande puissance d’antan.
Il faut faire un exemple terrible, dans la grande tradition des répressions coloniales d’avant-guerre.
Le 11 mai, le général de Gaulle, chef du gouvernement, envoie un télégramme laconique : «Veuillez prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer tous agissements antifrançais d’une minorité d’agitateurs.»
C’est le blanc-seing qu’attendaient les autorités locales.
«La chasse est ouverte», disent les colons. Aussitôt, Ferhat Abbas est arrêté, la police déployée dans la région et l’armée mise sur le pied de guerre. Les milices armées écument les douars, abattant sans sommation les indigènes qu’elles rencontrent, sans crainte des poursuites judiciaires. «J’ai abattu trente pigeons», dit un pied-noir.


La police a distribué des armes et sillonné les villages, tuant elle aussi sans distinction, à coups d’exécutions sommaires et de rafales lâchées à l’aveugle.
On a fait venir des automitrailleuses, qui tirent sur les moindres rassemblements.
Le général Duval, nanti des pleins pouvoirs, a rameuté 2 000 hommes, souvent des troupes coloniales, des spahis de Tunis, des tirailleurs sénégalais ou des tabors marocains, qui obéissent sans ciller.
Eux aussi ravagent les campagnes, épaulés par l’aviation qui bombarde les villages suspects. On a enfin mobilisé la marine, le Duguay-Trouin et le Triomphant, qui mouillent dans la rade de Bougie et tirent 800 coups de canon sur les villages qu’on désigne.
A Sétif, à Guelma, à Kherrata, les cadavres encombrent les rues, on n’a plus le temps de les enterrer.
On les jette dans des puits ou on les brûle dans des fours à chaux qui exhalent une malodorante fumée bleue.

Les informations filtrent lentement

Deux semaines plus tard, le 22 mai, l’ordre est rétabli.
On organise des cérémonies de reddition.
Les hommes sont réunis sur les places des villages.
Ils doivent se prosterner devant le drapeau français et réciter en chœur : «Nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien.»
Quatre mille personnes sont arrêtées, les militants messalistes sont pourchassés.
On prononce 89 condamnations à mort et on en exécute une vingtaine.
Pendant plusieurs semaines, bien après la fin de la répression, les paysans algériens qui marchent sur les routes se cacheront dans les buissons ou dans les collines au moindre bruit de moteur. Pour les autorités, il y a eu 1 165 morts parmi les musulmans.
Les messalistes parlent de 45 000 tués, chiffre que reprend le gouvernement algérien après 1962.
La vérité est entre les deux, sans doute proche de 15 000 morts. C’est-à-dire plus de cent Algériens tués pour un Européen.
Le 19 mai, le ministre de l’Intérieur Adrien Tixier demande à de Gaulle l’envoi d’une mission d’enquête.
Le gouvernement dépêche sur place le général de gendarmerie Tubert, membre de la Ligue des droits de l’homme, chargé d’évaluer la situation.
Il est bloqué à Alger sous des prétextes futiles.
Les informations filtrent lentement, les protestations sont rares.
Dans le quotidien Alger républicain, Henri Aboulker, un médecin juif qui a aidé les Américains lors de l’«opération Torch» en 1942, écrit plusieurs articles critiques.
Il demande le châtiment des coupables des atrocités du 8 mai.
Mais il dénonce aussi les massacres et réclame la libération de Ferhat Abbas.
Dans Combat, Albert Camus demande qu’on applique aux Algériens les «principes démocratiques que nous réclamons pour nous-mêmes».
Il affirme qu’il y a crise et non de simples incidents- que «le peuple arabe existe», qu’il «n’est pas inférieur sinon par les conditions où il se trouve».
Plus encore, il proclame que «l’Algérie est à conquérir une seconde fois».
Dans un texte écrit en 1945, Ferhat Abbas soucieux d’apaisement condamne «les organisateurs d’émeutes, ceux qui avaient poussé à la violence des paysans désarmés […], ceux qui tels des chiens sauvages se sont jetés sur Albert Denier, secrétaire de la section communiste, auquel un salaud sectionna les mains à coup de hache».
Mais le communiqué du gouvernement général, le 10 mai, traduit l’état d’esprit des autorités françaises : «Des éléments troubles, d’inspiration hitlérienne, se sont livrés à Sétif à une agression armée contre la population qui fêtait la capitulation de l’Allemagne nazie.
La police, aidée de l’armée, maintient l’ordre et les autorités prennent toutes décisions utiles pour assurer la sécurité et réprimer les tentatives de désordre.»
Quant au général de Gaulle, il consacre au total deux lignes de ses mémoires au massacre de Sétif : «En Algérie, un commencement d’insurrection survenu dans le Constantinois et synchronisé avec les émeutes syriennes du mois de mai, a été étouffé par le gouverneur général Chataigneau.»

Après la tragédie

«Je vous ai donné dix ans de plus», dit le général Duval aux autorités civiles.
Dans son rapport, il décrit la dureté de la répression et préconise une politique active de réconciliation, seule à même de faire accepter l’ordre colonial.
Mais il est trop tard. Pour une génération de militants algériens, les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata montrent que l’action légale est vaine, qu’il faut arracher l’indépendance les armes à la main.
Quelques jours après la tragédie, les soldats de l’armée de Lattre reviennent en Algérie. Ils sont horrifiés par ce qu’on leur raconte. Plusieurs d’entre eux décident alors de rejoindre les rangs des nationalistes.
Parmi eux, Ahmed Ben Bella et Mohamed Khider.
En 1954, ils seront, avec quatre autres, les fondateurs du Front de libération national qui va déclencher la première insurrection de la guerre d’Algérie.




Tout cela a fini par une débâcle et un coût astronomique évalué à la moitié du plan Marshall … et avec un drame humain, sur 2 générations pour les deux camps !

mardi 5 mai 2015

Un racisme juifs séfarade omniprésent




Les juifs noirs menacent Israël d'une «intifada»


Des heurts ont éclaté vendredi soir, dans le centre de Jérusalem, entre plusieurs centaines de Juifs falashas et la police israélienne.
Les manifestants étaient venus protester contre le récent passage à tabac d'un soldat issu de leur communauté, et dénoncer les nombreuses et récurrentes discriminations dont ils sont victimes.
La foule en colère, qui tentait d'approcher la résidence du premier ministre, a jeté des pierres et des bouteilles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes.
La manifestation, qui avait débuté dans l'après-midi, a paralysé le centre-ville jusque tard dans la soirée.

Cette confrontation sans précédent intervient après la diffusion d'une vidéo filmée dimanche par une caméra de vidéosurveillance dans une rue de Holon, une localité située au sud de Tel Aviv.
A l'image, un jeune soldat d'origine falasha, Damas Pakedeh, est pris à partie par un policier qui lui demande de s'éloigner avant de le rouer de coups, visiblement exaspéré par sa réticence à obtempérer.
Malgré la suspension immédiate du fonctionnaire, la séquence s'est propagée à toute vitesse sur les réseaux sociaux et a cristallisé les frustrations de cette communauté.
«Des incidents de cette nature relèvent de la routine pour certains citoyens, qui ont le sentiment d'être devenus le punching-ball de la police», déplore le journaliste Dani Adino Abeba, dans le quotidien Yediot Ahronoth.

«Israël ne fait aucuns efforts significatifs pour leur intégration»,

«Tout le monde dit que les Arabes et les travailleurs étrangers sont des citoyens de seconde zone, mais nous nous sentons plus mal traités encore que ces populations», affirme l'activiste Iftachel Rata, dans le quotidien Maariv.
«Voici le prix à payer pour plusieurs années d'indifférence et de racisme», a pour sa part expliqué Gadi Yevarkan, directeur d'un Centre pour l'égalité sociale des Juifs falashas, en marge des affrontements.


«Nos jeunes sont désespérés, estime-t-il.
Si le gouvernement n'agit pas, ce n'est que le début…»
Visiblement attentif à cette poussée de colère, Le chef du gouvernement a condamné jeudi soir le passage à tabac intervenu à Holon.
«Les responsables de ces actes seront châtiés», avant de préciser: «Les immigré éthiopiens et leurs familles nous sont précieux.
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, s'est pour sa part rendu à la rencontre des protestataires pour tenter de ramener le calme.

125.000 Juifs Noirs

La communauté juive éthiopienne en Israël, qui compte environ 125.000 membres, est arrivée en plusieurs vagues tout au long du vingtième siècle.
Mais c'est dans les années 80 et 90 que leur afflux fut le plus important.
L'opération Salomon, en 1991, permit notamment de convoyer depuis Addis-Abeba plus de 14.000 Juifs voulant fuir l'instabilité et la misère.
Trente-quatre rotations aériennes furent à l'époque organisées en l'espace de deux jours.
L'absorption de cette population, peu éduquées et en butte à de nombreux préjugés, ne va cependant pas de soi.
Vivant principalement dans de petites localités du centre d'Israël, de nombreux Juifs éthiopiens s'estiment victimes de racisme ainsi que de discriminations dans l'accès à l'emploi et à la fonction publique.
L'Etat, ces dernières années, a pris diverses mesures pour tenter de corriger ces inégalités, mais celles-ci se sont manifestement révélées insuffisantes.
Le journaliste Dani Adino Abeba prévient d'ailleurs: «si la hiérarchie policière ne se donne pas les moyens de mettre un terme aux violences subies par les descendants d'immigrants éthiopiens, nous assisterons à une intifada noire émaillée de graves violences».