mercredi 31 octobre 2012

L’appel de 98 patrons français


Austérité fait dérailler Alstom et Bombardier?

Une grande partie des commandes optionnelles passées par les régions et l'Etat auprès des deux constructeurs ne sont pas exercées, faute de budget. De quoi faire peser un risque sur leurs cours de bourse et l'emploi dans leurs usines.
Les Régions ne pourront vraisemblablement pas honorer les commandes de matériel ferroviaire prévues pour les TER. Un contrat qui dépassait les 13 milliards d’euros. Comme l’État n’a, de son côté, toujours pas donné signe de vie sur les 3 milliards d’euros pour les trains Intercités qu’il avait prévu de commander, l’addition risque d’être lourde pour les deux constructeurs de matériel ferroviaire.

mise garde de M MALVY

lundi 29 octobre 2012

Qui finance vraiment la Sécurité sociale?


Le Haut conseil du financement de la protection sociale, un organisme placé sous l'autorité du Premier ministre qui réunit les partenaires sociaux, c'est décidé a continuer a mentire sur :

Qui finance vraiment la Sécurité sociale?



Pour la première fois, un document donne une image globale des ressources qui financent les prestations sociales, quel que soit le payeur:
la Sécurité sociale elle-même (pour l'assurance-maladie, les retraites, les prestations familiales...) mais aussi les régimes de retraite complémentaire comme l'Agirc-Arrco, l'assurance-chômage, l'Etat et les collectivités locales (pour les minima sociaux, les aides aux personnes âgées et handicapées...), ou encore les mutuelles et institutions de prévoyance.


Au total, 633 milliards d'euros de prestations ont été versées en 2010 par ces différents acteurs, soit 1.74 Mdc € par jour , ils rémunèrent 1.8 millions de personnes.


Qui finance vraiment la protection sociale?


Avant tout, les salariés/consommateurs.


Les prélèvements assis sur les revenus d'activité représentent plus des trois quarts des ressources (77%):
les cotisations sociales bien sûr, qu'elles soient patronales ou salariales, mais aussi la CSG, qui pèse 33% sur le revenue de tous les salaries .

Les cotisations patronales sont répercutés dans les coûts des entreprises, elles ce retrouvent donc dans les prix TTC.


«D'un point de vue économique, la CSG constitue un prélèvement sur les revenus d'activité analogue aux cotisations sociales, même si son assiette est plus large». C'est le salarie /consommateur qui paye !!!


Le Haut conseil confirme donc, s'il en était besoin, que «le financement de la protection sociale reste encore largement assis sur les revenus du travail».


Les autres ressources «contribuent de manière beaucoup plus marginale au financement de la protection sociale» : moins de 5% pour les prélèvements pesant sur la consommation des ménages, comme les taxes sur le tabac ou l'alcool, seulement 2,5% pour les revenus de remplacement comme les pensions des retraités (sur lesquelles est prélevée une CSG à taux réduit), 2% pour les revenus du capital (qui s'acquittent eux aussi de la CSG et d'autres prélèvements sociaux).


Les cotisations sur les salaires, même au sens strict, sont élevées. Elles représentent 65% des ressources de la protection sociale dans l'hexagone, contre 57% en moyenne dans l'Union européenne. 
 
«Pour les seules cotisations à la charge des employeurs, notre pays se trouve, avec 43,6%, au quatrième rang, après l'Estonie, la République tchèque et la Lituanie», mais celles-ci contribues a générer 1.8 millions de prospects très largement solvables et a financer 1850 entreprises capitalo-libérales débridés
D'apres un texte de VINCENT COLLEN

mardi 23 octobre 2012

Le procès de la misère humaine

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Et de l'incapacité des services sociaux a éviter ces drames inéluctables


«Combien mesurez-vous madame?» s'enquiert Armelle Blanchard, son avocate. «Un mètre trente-cinq», répond Laetitia V. «Et combien pesez-vous?». «40 kg». «Non, moins, 35», corrige l'avocate. Juste avant, Armelle Blanchard avait demandé à sa cliente si elle sait ce qu'est le « QI ». Réponse de Laetitia V. : «Non». Se tournant vers la cour, l'avocate avait alors précisé alors que celui de sa cliente est de 50, soit «l'âge mental d'un enfant de 8 à 10 ans».
Laetitia V. est d'ailleurs placée sous curatelle renforcée.
Devant la cour d'assises de Lyon, la jeune femme paraît minuscule et perdue. Elle a 27 ans, un petit visage fin et creusé, et les cheveux tirés en chignon serré entouré d'un chouchou bleu.
Cramponnée à la barre, elle ne regarde jamais à sa droite. «Pourquoi?», lui demande son avocate. «Parce que j'ai peur », répond elle. De ce côté, dans le box des accusés, il y a son ancien concubin, Laurent T., 30 ans, poursuivi pour «violence suivie de mutilation ou infirmité permanente sur un mineur de 15 ans par un ascendant». Il encourt 20 ans de réclusion criminelle.

La victime, c'est Djason, le fils de Laetitia V. que Laurent T. a reconnu alors qu'il n'est pas son père biologique. Aujourd'hui âgé de deux ans, l'enfant souffre de séquelles neurologiques importantes : il est aveugle et son développement psychomoteur est restreint.

Au premier jour du procès, ce lundi, il a d'abord été question de la personnalité de Laurent T. Fils naturel d'une mère qu'il décrit comme une «coureuse». Adopté par le mari de celle-ci, il est le second d'une fratrie de quatre garçons et une fille. De sa mère, il dit qu'elle le battait «vachement fort». Se décrit comme la «tête de turc de la famille». «Je prenais des coups plus que les autres et à la place des autres». «Votre famille, quelque part, ça a pas été évident», commente, compatissant, Patrick Wyon, le président de la cour d'assises.

A 18 ans, Laurent T. se met en ménage avec une voisine de sa grand-mère. Elle a dix ans de plus que lui et cinq enfants. Il la frappe. «Vous avez été violent, vous avez tapé dessus, vous avez essayé de l'étrangler», rappelle le président. Puis, il se choisit une autre concubine, Nora, invalide à 80% avec laquelle il a une petite fille, Laura. «Vous frappiez Nora. Pourquoi? », interroge Patrick Wyon. «Je ne sais pas», répond Laurent T.

Puis c'est la rencontre avec Laetitia V., invalide à 70%, et enceinte de quatre mois et demi. « Sur le coup, c'était le bonheur, j'étais avec elle, pour être bien, fonder une famille », raconte-t-il. « Il était toujours là pour moi », confirme-t-elle.


Il boit «une bonne vingtaine de canettes de bière par jour», fume du shit, ne travaille pas. Sera condamné à plusieurs reprises pour violences, et fera de la prison.

Au début de l'audience, le président a rappelé la chronologie des faits. Le 16 septembre 2010, Djason naît. Le 4 novembre, le pédiatre du service de l'enfance de Vénissieux (Rhône) constate des lésions sur le ventre du bébé, ainsi que des traces de violences sur ses poignets et adresse un signalement en urgence au parquet des mineurs de Lyon.

Le 5 novembre, Djason est conduit à l'hôpital. Des examens sont pratiqués, mais aucune lésion n'est constatée.

Le 19 janvier, le bébé est hospitalisé aux urgences pédiatriques dans un état très grave. Il souffre d'une fracture du crâne et d'un oedème cérébral.

Le 27, Laurent T. et Laetitia V. sont placés en garde à vue. La mère admet avoir constaté que le comportement du bébé avait changé le 16 janvier.

Mais, alors que Djason est, soit inerte, soit pris de convulsions, Laurent T. la dissuadera de l'emmener aux urgences pendant trois jours.

Devant la Cour, la jeune femme tente d'expliquer sa relation avec son concubin. « Avec lui, je me sentais en sécurité », dit-elle, tout en admettant qu'il faisait « un peu » peur. « Quand j'étais enceinte, il m'avait giflée », raconte-t-elle. « Je lui ai demandé pourquoi, il m'a dit : "comme ça" ». « Après l'accouchement, ça a empiré. Un jour, il m'a étranglée jusqu'à ce que je ne puisse plus respirer. Après, il a été de plus en plus méchant avec des mots ».

Laetitia V. avoue ses difficultés à s'occuper de son enfant.  Depuis sa naissance, c'est son père qui lui donne le bain, le biberon. Djason  a souvent le hoquet. « Laurent le faisais sauter en l'air, très haut, il disait que c'était bon pour sa digestion. Ca me faisait peur. Je lui ai dit d'arrêter des millions de fois, mais il m'a dit "c'est pas mon premier bébé, je sais ce que je dois faire" », raconte Laetitia à la Cour.
« J'ai protégé mon fils comme je pouvais mais je n'ai pas pu faire plus car j'avais peur de Laurent », insiste-t-elle.


Ces sauts ont-ils causé les légions neurologiques dont souffre Djason? A la police et au juge d'instruction, Laurent T. a fourni plusieurs versions. Dans l'une, il a déclaré que la tête de l'enfant aurait heurté un jouet musical alors qu'il le mettait au lit. Dans l'autre, le bébé lui aurait échappé alors qu'il le sortait du bain, et lors de sa chute, sa tête aurait heurté le carrelage.
Suite des débats aujourd'hui et jusqu'à jeudi. 

Catherine Coroller


vendredi 19 octobre 2012

FRANCAIS et SOCIALISTE


LE JOUR OU ON EST FIÈRE DE L’ÊTRE

Justice et vérité



Ce ne sont que quelques mots, 44 exactement, que l’on peut juger ambigus et frileux. 

Il reste que pour la première fois, cinquante et un ans après le massacre de centaines d’Algériens par la police française le 17 octobre 1961, la République par la voix du chef de l’Etat «reconnaît ces faits».

Ainsi prend fin la censure officielle, le silence d’Etat qui a, des années durant, occulté ces meurtres et noyades de manifestants qui défilaient pour l’indépendance de leur pays colonisé. 
Des années durant, pouvoirs de droite comme de gauche, police et justice ont interdit et étouffé la vérité. 

Aujourd’hui encore, le bilan de cette effroyable répression n’est pas établi.

Il a fallu le travail d’historiens, écrivains et journalistes courageux comme Paulette et Marcel Péju, Jacques Panijel, Jean-Luc Einaudi, Michel Levine, Jean-Louis Péninou (de Libération), Didier Daeninckx pour démasquer ce mensonge d’Etat. 

Aujourd’hui, certains à droite, les descendants des Maurice Papon, Michel Debré et Roger Frey, qui furent les exécuteurs de ces massacres, condamnent le geste de justice et d’apaisement de François Hollande. 

Tout comme ils ont condamné ses déclarations sur la rafle du Vél d’Hiv pourtant dans la droite ligne des mots courageux de Jacques Chirac. 

Comme si l’histoire collective et tourmentée d’un vieux pays pouvait se construire sur des mensonges et des dissimulations. 
Cette nuit du 17 octobre appartient à une histoire commune et adverse aux Français et aux Algériens, à leurs enfants aussi. 

La France leur devait justice et vérité.

18 octobre 2012 LIBERATION
Par François SERGENT

Merci Monsieur le Président.

dimanche 7 octobre 2012

Des bébés volés pendant 48 ans,

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 par des religieux franquistes.



Tout a commencé en 1939. Pendant 48 ans, les autorités espagnols prenaient les bébés des femmes républicaines emprisonnées pour extirper d'eux «le gêne rouge» et les confier à des familles franquistes qui les élèveraient «bien». 
 
Il faut savoir qu'il y avait alors en Espagne une main mise de l'Église sur la santé, les orphelinats et les mœurs des femmes. Les sœurs géraient les hôpitaux, les maternités. 
 
Par la suite les sœurs ont décidé de donner à l'adoption des enfants de mère célibataire ou de mère adultère, estimant, pour leur bien, qu'ils seraient mieux éduqués dans une bonne famille chrétienne que qu'avec une mère en «perdition»…

Mais comment cela pouvait-t-il, concrètement se passer ?

La jeune -mère accouchait. On lui disait, avec la complicité du médecin accoucheur, (un franquiste, intégriste religieux , voire membre de l'Opus Dei) que son bébé était mort né. 

Si elle demandait à le voir, c’était glauque : 
on lui présentait un bébé congelé qui servait de preuve. 

Ensuite tout allait très vite : les procédures d'adoption ne reposant que sur la signature de trois sœurs et d'un médecin. 

D'ailleurs les enfants ainsi adoptés étaient déclarés comme enfants biologiques de leurs parents adoptifs. 

Qui eux mêmes, en majorité, n'étaient pas au courant que leur bébé était volé.

À combien estime-t-on le nombre de ces enfants volés ?

300 000 jusqu'en 1987, date ou cette pratique a été arrêtée.

Et pourquoi cela-t-il cessé en 1987 ?

Parce que le gouvernement a mis alors de l'ordre dans les procédures d'adoptions qui ont été mises à plat et régularisées. 
Ce qui a mis fin à la main mise de l'Église sur l'adoption, sur les orphelinats et la santé. 
Et mis un coup d'arrêt à ces pratiques.

Ce scandale a été révélé il y a trois ans en Espagne, pourquoi si tard ?

Parce que depuis quelques années, il y avait des enfants à qui leurs parents n'avaient pas révélé qu'ils avaient été adoptés ceux qui savaient et qui, comme c'est souvent le cas, ont décidé de retrouver leurs parents biologiques.

Et c'est là que le scandale a commencé à faire surface. Et que la presse a commencé à en parler.

Soledad, présidente d'une association de bébés volés, qui recherche son enfant, né en 1981 dont elle a la preuve irréfutable qu'il n'est pas mort à la naissance comme on lui le lui avait annoncé, et qu'elle n'a toujours pas retrouvé… 
 
Cela dit, sur les 300 000 cas, seul une trentaine a retrouvé leur mère.
Beaucoup ne savent même pas qu'ils sont des adoptés. 
 
Et côté maternel, cinquante ans après, la vie est passée et les mères ne veulent pas revenir sur cette douleur…

samedi 6 octobre 2012

Le Conseil constitutionnel a supprimé le «carnet de circulation»,


que les nomades français dès 16 ans devaient renouveler tous les trois mois.



C'est un petit carnet de couleur marron qui empoisonnait la vie de nombreux citoyens français.
«Cela fait un siècle que les gens du voyage se le tamponnent, Il avait mené nos familles dans les camps d’internement pendant la Seconde Guerre mondiale.» .

De quoi parle-t-on?



Les Sages de la rue de Montpensier, saisis d’une question prioritaire de constitutionnalité , ont partiellement abrogé la loi du 3 janvier 1969.


Celle-ci mettait en place un système de contrôle des citoyens français au mode de vie itinérant. Les «gens du voyage» (une catégorie administrative hétérogène rassemblant Gitans, Manouches, Roms français etc...) se voyaient ainsi remettre soit un «carnet de circulation», soit un «livret de circulation». Le dispositif n’est pas nouveau dans l’histoire française.


Il y a pile un siècle, en 1912, l’Etat imposait un «carnet anthropométrique» pour les nomades. Un système qui mena à l’internement de 6500 personnes sous le régime de Vichy, et qui perdura jusqu'à la loi de 1969.

Qu’a décidé le Conseil constitutionnel ?



Le «carnet de circulation» s’imposait à tout Français de plus de 16 ans, ayant une résidence mobile depuis plus de six mois et ne pouvant justifier de ressources régulières. Le carnet devait être renouvelé tous les trois mois dans un commissariat de police ou une gendarmerie, et concernait au moins 100000 personnes. Les Sages l’ont jugé contraire à la Constitution, estimant notamment qu’il portait une «atteinte disproportionnée à l’exercice de la liberté d’aller et venir».
C’était une «discrimination». «Les gens du voyage se rapprochent désormais de la vie d’un citoyen de base et du droit commun. Outre leur discrimination juridique, il faut savoir que ces carnets pénalisaient les populations dans leurs relations avec les banques ou les assurances. Obtenir un prêt ou un crédit était très compliqué.»
Autre avancée: l’abrogation des trois ans d’attente avant de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales de sa commune de rattachement, au lieu de six mois pour tout autre citoyen français. «Beaucoup de gens du voyage n’allaient pas voter à cause de ça».. «Cela voulait dire qu’un jeune qui se déclare à 16 ans ne pouvait exercer son droit de vote qu'à l'âge de 19 ans».

Quelles dispositions restent en vigueur ?

Le Conseil n’est pas revenu sur le livret de circulation, ne l’estimant pas «contraire au principe d'égalité et à la liberté d’aller et de venir».
Le livret s’impose à tout Français nomade pouvant justifier de ressources régulières. Il est moins contraignant que le carnet de circulation, puisque, selon le type de document, il faut le faire renouveler tous les un à cinq ans en préfecture, il stigmatisera toujours autant les titulaires

Et maintenant?

Les membres du Conseil constitutionnel ont également décidé de maintenir le quota maximum de gens du voyage par commune de rattachement, établi à 3% de la population «Ils sont pourtant des citoyens français ! A quelle autre partie de la population interdit-on de s’installer dans une ville ? Auraient-ils peur, qu'un Gitou soit élu maire un jour...».
Espérons que dans les prochains mois, la loi et ses décrets d'application l’éclaircirons la portée et les conditions du livret de circulation.
Les 300 000 à 450 000 gens du voyage français seront-ils tous désormais assujettis à ce dispositif ?
«défi fondamental»: «Il faut que l’on construise des aires d’accueil pour les gens du voyage. On compte seulement 20 000 places aujourd’hui en France pour 100000 gens du voyages. Même pas la moitié de ce que l’Etat estimait nécessaire au moment du vote de la loi Besson, en 2000.»



d'après un texte de SYLVAIN MOUILLARD